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Le disque du jour - XXXIX - Franco Alfano, Quintette avec piano / Sonate pour violon et piano


(Extrait sonore suit.)

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Franco Alfano (1875-1954)

Compositeur encore peu pratiqué aujourd'hui, malgré quelques représentations récentes de ses opéras postpucciniens (Risurrezione à Montpellier, Cyrano de Bergerac un peu partout : Met, Montpellier, la Valence espagnole, Châtelet, Madrid, San Francisco...). Postpuccinien aide à resituer, toutefois la notion n'épuise vraiment pas la description de ce style, qui mêle fortement les influences européennes : quelquefois un peu de Richard Strauss (Risurrezione a quelque chose, musicalement, de la Femme sans ombre), ailleurs plus française.

On remarque au passage qu'en plus de Cyrano en français, Alfano a créé son premier opéra en allemand à Wrocław (An den Quellen von Enschir).

Ce n'est toutefois pas un compositeur dont le génie m'a jusqu'ici terrassé, malgré le caractère très attachant de son érudition et la versatilité de son goût.

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Domaine chambriste

Et c'est donc avec curiosité qu'on a accueilli ce disque Naxos qui sera disponible dans les prochains jours, consacré à la Sonate pour violon & piano en ré majeur (1923) et au Quintette pour piano et cordes en la bémol majeur (1945).


Et on est frappé d'y entendre... de la pure musique française ! Extrêmement marquée par le jeune Debussy. La Sonate pour violon et piano évoque beaucoup le Fauré des Quatuors et Quintettes avec piano, ou la Sonate avec violon de Jean Huré, avec des liquidités pianistiques plus ravéliennes. Le Quintette avec piano ressemble à s'y méprendre à celui de Paul Le Fem.

Dès l'introduction au piano seul du Quintette, quelque chose de singulier et s'assez magnétique se dégage. Puis la gestion l'insertion de silences entre les phrasés surprend. Et la fin du premier mouvement de la Sonate appartient au domaine de la pure grâce :


Vers la fin du premier mouvement. Elmira Darvarova, violon ; Scott Dunn, piano.


Côté interprétation, on pourra trouver le son des cordes frottées un peu mince et un rien acide, en revanche le piano de Scott Dunn se révèle d'une facilité, d'un détail et d'une présence hors du commun - et capté, ce qui est rarement le cas, avec beaucoup de transparence et de profondeur à la fois.

De toute façon, vu les oeuvres présentes, on n'a pas le choix, il faut acquérir ce disque, un jalon particulièrement enthousiasmant de la littérature chambriste européenne (et en tout cas "française") du premier vingtième siècle. Les habitués de Timpani seront donc inspirés d'opérer un petit détour par Naxos cette fois-ci...


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