Carnets sur sol

   Nouveautés disco & commentaires | INDEX (partiel) des notules | Agenda des concerts & comptes-rendus


Les Oiseaux d'Aristophane entrent au répertoire de la Comédie-Française


Dans une adaptation et une mise en scène d'Alfredo Arias. Je serai bref, ayant été assez déçu à tout point de vue.

Tout d'abord, la pièce. Quelle que soit la traduction, elle ne m'avait jamais convaincu, et à l'exception de l'intervention bouffonne de Prométhée assez sympathique, je parvenais mal à m'attacher à quelque détail (aussi bien de sens que de langue) que ce fût. J'espérais beaucoup de sa représentation scénique par des comédiens émérites, mais rien ne change.

Problèmes :

  • Il est assez difficile d'être séduit par un humour hors-sol, qui ne correspond plus à nos façon de faire de l'esprit, et qui se réfère souvent à des situations obscures, l'air du temps du Ve siècle avant notre ère, en somme.
  • Le ressort principal du comique réside dans une forme de farce assez lourde, avec des personnages archétypaux tournés en ridicule, des danses grotesques, des coups de trique. Rien qui ne m'ait jamais beaucoup amusé.
  • L'actualisation (y compris avec des références à la chanson) d'Alfredo Arias porte un peu lourdement sur la question de l'immigration clandestine et celle du statut de comédien. La première est pleinement pertinente, puisque Les Oiseaux posent bien la question du rapport à la Cité natal et à la cité d'adoption, et aussi la question fondamentale de la société que les citoyens souhaitent bâtir et de ceux que l'on accepte pour ce faire. Néanmoins, ce qui est remis "en-sol" reste lourdement farcesque, et par conséquent tout aussi peu exaltant.


Concernant l'interprétation, quelques griefs aussi, surtout liés à la sonorisation, certes parfaitement synchronisée (elle compense le fait qu'un personnage se tourne d'un côté ou l'autre), mais qui enlève une grande part du plaisir, surtout que ces comédiens-là ont les moyens de se faire entendre très correctement sans gonfler leur son naturel.

Je retiens tout de même la grâce toujours si singulière de Martine Chevallier (Belle Espérance), la qualité exceptionnelle du chant de Nicolas Lormeau ("Cyrano" - mais tient aussi Prométhée), les effets virtuoses d'Hervé Pierre (le Vendeur de décrets, le Voyant, le Délateur, Héraklès), le port de Céline Samie (Iris) et le pépiement exotique de Catherine Salviat (la Huppe), tous individuellement convaincants... dans un spectacle heureusement bref (pas d'entracte, donc une heure et demie).

--

Une des bien rares déceptions de la saison, et il en faut sans doute pour mesurer (pas moi, mais les lecteurs, peut-être ?) la qualité des programmations disponibles...


--

Autres notules

Index classé (partiel) de Carnets sur sol.

--

Trackbacks

Aucun rétrolien.

Pour proposer un rétrolien sur ce billet : http://operacritiques.free.fr/css/tb.php?id=1571

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Le code HTML dans le commentaire sera affiché comme du texte.
Vous pouvez en revanche employer la syntaxe BBcode.

.
David Le Marrec

Bienvenue !

Cet aimable bac
à sable accueille
divers badinages :
opéra, lied,
théâtres & musiques
interlopes,
questions de langue
ou de voix...
en discrètes notules,
parfois constituées
en séries.

Beaucoup de requêtes de moteur de recherche aboutissent ici à propos de questions pas encore traitées. N'hésitez pas à réclamer.



Invitations à lire :

1 => L'italianisme dans la France baroque
2 => Le livre et la Toile, l'aventure de deux hiérarchies
3 => Leçons des Morts & Leçons de Ténèbres
4 => Arabelle et Didon
5 => Woyzeck le Chourineur
6 => Nasal ou engorgé ?
7 => Voix de poitrine, de tête & mixte
8 => Les trois vertus cardinales de la mise en scène
9 => Feuilleton sériel




Recueil de notes :
Diaire sur sol


Musique, domaine public

Les astuces de CSS

Répertoire des contributions (index)


Mentions légales

Tribune libre

Contact

Liens


Chapitres

Archives

Calendrier

« juillet 2010 »
lunmarmerjeuvensamdim
1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031