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Qu'est-ce que la voix mixte ? (et voix de poitrine, voix de tête, voix de fausset)


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Commentaires

1. Le lundi 21 juin 2010 à , par Guillaume

"Theo Adam (Wotan) dans le troisième acte de Die Walküre de Richard Wagner, version Karl Böhm 1976 (Philips-Decca). "

=> 1967 ;)
(76 c'est le Ring du centenaire évidemment)

Pour une fois qu'un de mes chouchous se retrouve dans un de tes articles... :D

2. Le mardi 22 juin 2010 à , par DavidLeMarrec

Jolie métathèse numérique. Effectivement je saute dans une autre ère. :-)

C'est vrai qu'au niveau des interprètes, nous différons, mais pour la voix de poitrine pleine, ça me semblait assez idéal (alors que Hotter par exemple a un registre résonantiel qui comprend des aspects de voix mixte).

3. Le jeudi 8 juillet 2010 à , par lou :: site

Magnifique ! Le texte avec de vrais morceaux de David. Depuis ton cours, je reconnais bien la haute-contre et le contre-ténor (je brille en société).
Cette page apporte un complément essentiel.

Sur ta voix de baryton, rien à dire, on l'a déjà dit. Le chant a cappella est toujours risqué. La partition n'est pas aussi facile que ton aisance pourrait le laisser croire.
[rappelons pour les jeunes ou nouveaux visiteurs que Lou peut chanter "Viens Poupoule", sous la douche, et même avec l'accent de Maurice, mais que s'il se hasarde un peu plus loin, il y a mise en danger de la vie d'autrui]

Ta voix de fausset est étonnante (nous sommes étonné), mais, franchement, tu ne feras pas carrière dans ce registre (la place est déjà prise par Christophe Maé et Christophe Willem).

La voix de flageolet (j'ai fait récemment un petit article sur le flageolet) : tu aurais pu citer Mado Robin (elle est morte des suites d'un cancer des cordes vocales).

4. Le vendredi 9 juillet 2010 à , par DavidLeMarrec

Il faut la finir, mais c'est effectivement un point fondamental de l'émission vocale, et pas seulement en lyrique.

Concernant mon chant (c'est mal chanté et salement, mais le but est juste de donner la couleur de la voix selon les registres - c'est en voix mixte que ce sera le mieux sonnant), la partition est quand même très centrale, justement pour éviter les sauts entre registres. Comme j'utilise toujours une forme de mixage, j'ai essayé de noircir et d'appuyer la voix de poitrine, mais ce n'est pas pleinement probant, clairement.

(Et hors de la douche, c'est possible ? :-) )

Quant à la voix de fausset, on en a tous, plus ou moins développée, mais ça se travaille. Le mien est vraiment émis en fausset pur, et ce n'est pas bien beau, mais en l'épaississant un peu, ça peut donner des résultats intéressants. Les deux exemples que tu donnes n'ayant pas, à part l'aspect sympathiquement drôlatique du premier, véritablement tiré le meilleur profit de cette émission. J'aurais envie de citer Bejun Mehta pour une fois pleine et tonique (mais aussi Max Emmanuel Cencic ou Paul Esswood).

Pour la voix de flageolet, effectivement Mado Robin en avait une exceptionnellement étendue, mais elle mondait aussi plus haut en tête normale à cause de son anomalie physiologique (cordes très cordes). Je ne l'ai pas mise parce que c'est un cas très particulier, mais effectivement, c'est un excellent exemple.


Merci pour tes commentaires ! :)

5. Le vendredi 9 juillet 2010 à , par Dave

Bonsoir David !

Cet article est superbe et les illustrations musicales sont très utiles, j'ai pu grâce à elles expliquer correctement ton article à ma copine chinoise :-)
Aussi, je m'interroge vraiment, après tout ça, sur ce que pourrait être la voix mixte alors j'attends la fin avec impatience !

6. Le vendredi 9 juillet 2010 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Dave,

Merci beaucoup. J'essaie d'exploiter la souplesse du support autant qu'il est possible. C'est souvent le problème dans les livres de musique ; non seulement il y a beaucoup d'erreurs, mais surtout ça reste abstrait. Avec les exemples pratiques, on peut distinguer les choses plus aisément.

Evidemment, la suite est en gestation, mais je peux déjà te laisser deviner si c'est du mécanisme I ou II avec le même extrait mixé :

http://tinyurl.com/2wu54tm .

Attention, c'est trompeur.

7. Le samedi 10 juillet 2010 à , par Dave

Par "mécanisme", tu veux dire type de voix mixte ?

Je ne connais pas (encore) ces mécanismes, mais ton extrait me permet en effet de voir que tu emploies une voix qui est une sorte d'intermédiaire entre la voix de poitrine et celle de tête.
Dans ces 2 extraits, tu chantes à la même hauteur ?

8. Le samedi 10 juillet 2010 à , par DavidLeMarrec

Oui, tout à fait, c'est un intermédiaire.

Il faut que je vérifie, ça fait un moment qu'ils sont prêts, mais en tout cas, pour l'extrait en voix de tête, je chante plus haut.

Les mécanismes sont déjà expliqués dans la notule : mécanisme I, c'est la voix de poitrine (muscle tendu et ligament peu sollicité), et mécanisme II, la voix de fausset(muscle détendu et ligament tiré). :-)

Parce qu'il n'existe que deux mécanismes, et la voix mixte est dans l'un des deux.

9. Le mercredi 14 juillet 2010 à , par Oliver

Très bon exposé, mais je suis un peu surpris que vous êtes d'avis que la plupart de chanteurs masculins d'utilisent pas la voix mixte - je pensais que c'était plus ou moins impossible de chanter de belles notes lyriques dans l'aigu sans utiliser cette méthode. J'aurais pensé que la mode moderne est pour un son assez poitriné avec le larynx bas, mais toutefois non pas totalement en "voix de poitrine"

10. Le mercredi 14 juillet 2010 à , par Oliver

Quoique je suis moins connaisseur de la voix féminine, je pense aussi que c'est discutable de dire que la voix typique de femme utilise le même méchanisme que la voix de fausset d'un homme. Beaucoup de personnes pensent que les femmes ont elles aussi un fausset (peut être est-ce plutôt ce que vous appelez flageolet?) et j'aurais pensé que peut-être la voix robuste d'une chanteuse d'opéra s'apparente plus à la voix mixte d'un homme (souvent, au moins en anglais - ma langue maternelle - on appelle les deux "head voice" - voix de tête, ce qui complique les choses...). Pour moi j'aurais dit que peut-être la principale différence entre une voix lyrique d'homme et une voix lyrique de femme est que le passage est plus bas pour la femme donc elle passe plus de temps dans la "head voice" et l'homme plus de temps dans la voix de poitrine.

11. Le mercredi 14 juillet 2010 à , par DavidLeMarrec

Très bon exposé, mais je suis un peu surpris que vous êtes d'avis que la plupart de chanteurs masculins d'utilisent pas la voix mixte - je pensais que c'était plus ou moins impossible de chanter de belles notes lyriques dans l'aigu sans utiliser cette méthode. J'aurais pensé que la mode moderne est pour un son assez poitriné avec le larynx bas, mais toutefois non pas totalement en "voix de poitrine"

C'est en réalité ce que je vais montrer dans la suite (vous avez lu une inroduction à la voix mixte que je n'ai pas encore annoncée, je voulais ajouter les exemples avant de signaler la mise à jour). :-)

Comme la voix mixte se produit à différents degrés, il est toujours possible de mixer certaines notes, certaines voyelles, ou même de chanter en permanence avec quelque chose d'un peu mixé (c'est très audible chez Bergonzi ou Pavarotti, par exemple). C'est plus une affaire de pourcentage, finalement, qu'une réalité binaire, puisque la voix mixte n'est pas un registre à part entière.

Néanmoins, pendant vingt à trente ans, on a surtout eu la formation de voix pleines, et on chantait Faust comme on aurait chanté le Duc de Mantoue, pas question de transitions mixtes audibles, on attendait des chanteurs qu'ils demeurent vaillants en toute circonstance.
Beaucoup des chanteurs de cette période avaient un manque de souplesse évident, donc (il suffit d'écouter les airs de Nadir enregistrés à partir de la disparition progressive des méthodes françaises...).


Quoique je suis moins connaisseur de la voix féminine, je pense aussi que c'est discutable de dire que la voix typique de femme utilise le même méchanisme que la voix de fausset d'un homme. Beaucoup de personnes pensent que les femmes ont elles aussi un fausset (peut être est-ce plutôt ce que vous appelez flageolet?) et j'aurais pensé que peut-être la voix robuste d'une chanteuse d'opéra s'apparente plus à la voix mixte d'un homme (souvent, au moins en anglais - ma langue maternelle - on appelle les deux "head voice" - voix de tête, ce qui complique les choses...). Pour moi j'aurais dit que peut-être la principale différence entre une voix lyrique d'homme et une voix lyrique de femme est que le passage est plus bas pour la femme donc elle passe plus de temps dans la "head voice" et l'homme plus de temps dans la voix de poitrine.

D'un point de vue physiologique, il semble que ce soit bien un mécanisme de voix de tête et non un allègement de la voix de poitrine qui soit employé par les femmes (c'est assez audible d'ailleurs).

Mais comme elles sont dans leur registre principal en voix de tête, elles mixent à l'envers, d'une certaine façon, en épaississant leur voix de tête avec des couleurs plus "poitrinées" tandis que les hommes allègent leur voix de poitrine avec des couleurs plus "entêtées".


Merci pour tous ces riches rebonds !

Et bonne journée.

12. Le mercredi 14 juillet 2010 à , par Oliver

Merci pour ces éclaircissements, qui me semblent bien fondés. Sur les techniques d'homme, je suis d'accord aussi que les voix modernes sont souvent assez lourdes et en manque de souplesse. la différence est claire quand on écoute des enregistrements de la première moitité du siècle dernier, à mon avis, quoique cette époque était déjà très éloigné des périodes baroque ou classique, quand on dit que la façon de chanter était plus souple et léger avec plus de tête. Je serais inéressé de savoir si pout les aigus les chanteurs ce temps-là utilisaient un pur son de contraténor, ou si c'ètait une voix mixte légère avec beaucoup de tête... Je suppose que c'est difficile de savoir puisqu'on n'a pas d'enregistrements et les termes tels que "voix de tête" ne sont pas toujours utilisé de la même façon par tout le monde.

Il me semble aussi que le fait de chanter avec une position basse du larynx joue un rôle - que cela à tendance de créer un son avec plus de poitrinée - êtres vous d'accord? En plus avez-vous des idées sur l'effet de différentes techniques pour soutenir le son avec le corps en utilisant des muscles abdomiaux etc?

Votre explication des voix lyriques de femme est intéressante. Donc ce serait l'équivalent de la voix de fausset de l'homme alors, comme une voix de contraténor (qui lui aussi doit ajouter un peu plus de poitrine dans son fausset pour les graves). Donc la vraie voix de poitrine ne serait que utilisé par certaines chanteuses de pop ou rock ou jazz probablement?

13. Le mercredi 14 juillet 2010 à , par DavidLeMarrec


Bonjour Olivier,

Sur les techniques d'homme, je suis d'accord aussi que les voix modernes sont souvent assez lourdes et en manque de souplesse.

Ca a toute fois changé, peut-être sous l'influence des baroqueux, depuis une vingtaine d'années : on retrouve un souci de la clarté d'articulation des mots et un usage abondant de la voix mixte chez certains interprètes (Yann Beuron par exemple chante tous les répertoires avec une voix superbement mixée).

la différence est claire quand on écoute des enregistrements de la première moitité du siècle dernier, à mon avis, quoique cette époque était déjà très éloigné des périodes baroque ou classique, quand on dit que la façon de chanter était plus souple et léger avec plus de tête. Je serais inéressé de savoir si pout les aigus les chanteurs ce temps-là utilisaient un pur son de contraténor, ou si c'ètait une voix mixte légère avec beaucoup de tête... Je suppose que c'est difficile de savoir puisqu'on n'a pas d'enregistrements et les termes tels que "voix de tête" ne sont pas toujours utilisé de la même façon par tout le monde.

Certains spécialistes émettent des hypothèses très précises, mais je dois avouer qu'en écoutant les enregistrements les plus anciens, quand je vois la distance qui séparent rien que vingt années, je pense qu'il n'est pas du tout possible d'imaginer ce qu'était le chant de jadis.
Mais effectivement, sur les enregistrements qui nous sont parvenus, on entend des voix très mixées, peu vibrées (ou alors avec une fréquence plus rapide de battement), et un peu plus nasales aussi en moyenne. Sans parler du larynx bien plus haut alors.

Il me semble aussi que le fait de chanter avec une position basse du larynx joue un rôle - que cela à tendance de créer un son avec plus de poitrinée - êtres vous d'accord?

Oui, c'est indubitable, on a tendance à baisser beaucoup le larynx ces dernières décennies dans le grand répertoire, et ça produit effectivement un son plus sombre, qui facilite les harmoniques de poitrine.
Je suis toujours étonné par les jeunes barytons actuels qui développent des couleurs de basse, avec une couverture très lourde.

En plus avez-vous des idées sur l'effet de différentes techniques pour soutenir le son avec le corps en utilisant des muscles abdomiaux etc?

Vous voulez dire selon que l'on enfle ou dégonfle le ventre lors de l'inspiration, par exemple ?

Votre explication des voix lyriques de femme est intéressante. Donc ce serait l'équivalent de la voix de fausset de l'homme alors, comme une voix de contraténor (qui lui aussi doit ajouter un peu plus de poitrine dans son fausset pour les graves). Donc la vraie voix de poitrine ne serait que utilisé par certaines chanteuses de pop ou rock ou jazz probablement?

Elle est aussi utilisée dans le bas de la tessiture chez les femmes (ce peut arriver à partir du fa 3 à peu près, comme pour les hommes en fait), mais effectivement, c'est celle qu'on entend beaucoup en pop, rock et jazz, oui !

14. Le vendredi 19 août 2011 à , par Sandrine

Bonjour David et belle journée á vous.
Je pense que quand Mado Robin passait au-delá du contre-sol , c´était en voix de tête car en voix de sifflet, cela n´aurait pas été considéré comme un
" cas" vocal, des mezzos et même des altos pouvant monter au moins jusqu´au do5 en whistle register.
Pour une soprano aigue ( ce qu´elle était) , monter en voix de tête au minimum jusqu´au fa5 n´est pas si exceptionnel ( Mozart a écrit jusqu´au sol5) mais
ce qui est déjá plus rare, c´est de pouvoir rester en voix de tête apres le sol5. Or , Mado Robin donnait le si bémol5, le si5 et il me semble que pas mal
d´ouvrages ont attesté le do6.

Voix de flagoelet et voix de sifflet: voilá , c´est ce que je n´arrive pas á distinguer. Est-ce que c´est synonyme ? Est-ce que ca passe de l´un á l´autre tout
d´un coup ? Par exemple, en ce qui me concerne, je sens et entends tres bien qu´á partir du la4, ma voix ne reste plus en voix " lyrique": les notes deviennent petites, grésillantes. Je suis hors tessiture. Est-ce donc ma voix de sifflet qui commence á partir du si bémol4 ?
En tout cas, il y a un changement clair et perceptible á ce niveau : la la4 est ma limite niveau " exploitable".

Et dans la série des sopranos aigus, il y a un timbre que je ne peux pas supporter, c´est celui de Mady Mesplé. On me dira sans doute que les soprani de ce type ont toujours un timbre acide , ce que je réfute catégoriquement parce qu´Elizabeth Vidal n´a pas un timbre acide. Certes clair mais pas acidulé.

15. Le dimanche 21 août 2011 à , par DavidLeMarrec

Mado Robin

Je pense que quand Mado Robin passait au-delá du contre-sol , c´était en voix de tête car en voix de sifflet, cela n´aurait pas été considéré comme un " cas" vocal, des mezzos et même des altos pouvant monter au moins jusqu´au do5 en whistle register.
Pour une soprano aigue ( ce qu´elle était) , monter en voix de tête au minimum jusqu´au fa5 n´est pas si exceptionnel ( Mozart a écrit jusqu´au sol5) mais ce qui est déjá plus rare, c´est de pouvoir rester en voix de tête apres le sol5. Or , Mado Robin donnait le si bémol5, le si5 et il me semble que pas mal d´ouvrages ont attesté le do6.

Il y a au minimum le ré 6 de fermement attesté. Dans les enregistrement que j'ai entendus, elle passe comme les autres en voix de flageolet dans l'extrême-aigu, et assez tôt d'ailleurs. Sa voix n'est pas tant décalée qu'allongée vers l'aigu. Elle avait d'ailleurs peu de graves, mais pas spécialement moins qu'un autre soprano léger sans sa "malformation" physiologique.

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Voix de flageolet

Voix de flagoelet et voix de sifflet: voilá , c´est ce que je n´arrive pas á distinguer. Est-ce que c´est synonyme ? Est-ce que ca passe de l´un á l´autre tout d´un coup ? Par exemple, en ce qui me concerne, je sens et entends tres bien qu´á partir du la4, ma voix ne reste plus en voix " lyrique": les notes deviennent petites, grésillantes. Je suis hors tessiture. Est-ce donc ma voix de sifflet qui commence á partir du si bémol4 ?

En ce qui me concerne, je fais la distinction entre la voix de flageolet, qui est effectivement plus étroite mais où les cordes vocales vibrent, et la voix de sifflet, où le son provient de l'air qui passe entre deux cartilages.
Vous posez votre doigt au milieu de votre cou et vous sentirez bien sur les cordes vibrent...

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Mady Mesplé

Et dans la série des sopranos aigus, il y a un timbre que je ne peux pas supporter, c´est celui de Mady Mesplé. On me dira sans doute que les soprani de ce type ont toujours un timbre acide , ce que je réfute catégoriquement parce qu´Elizabeth Vidal n´a pas un timbre acide. Certes clair mais pas acidulé.

Elisabeth Vidal ne provient pas de la même école, c'est une façon plus moderne, plus "ample" (un peu plus terne aussi) de concevoir le son (la place du larynx et les résonateurs sont assez différents).
En ce qui me concerne, j'aime beaucoup Mady Mesplé, surtout lorsqu'elle tient les parties parlées des opérettes, où elle fait valoir un esprit d'un tranchant rare !

La voix chantée, effectivement, est un peu étroite (et pas aussi clairement articulée que je le voudrais, à cause des harmoniques aiguës), mais enfin, ce petit vibrato serré me plaît bien, à moi.

16. Le lundi 22 août 2011 à , par Sandrine

Bonjour David, effectivement la logique veut que plus une voix monte haut et a un timbre clair , moins elle a de graves. J´ai souvent remarqué que les " graves" des sopranos de type aigu avait un timbre faible et qui paraît inconsistant. A un moment donné , j´étais en correspondance avec une soprano aigu et elle m´avait avoué que pour sortir un ré3, do3 , cela lui demandait un certain effort alors que pour moi qui ait pourtant moins d´années de travail qu´elle , ce sont presque des notes médianes. Par contre, elle avait en voix de tête le contre-sol que moi je n´ai pas. Il y a donc bien quelque part une compensation.
Je pense que la voix d´une soprano aigu commence á vraiment s´épanouir á partir du do4 , on sent que ce ne sont pas des voix faites pour chanter bas.
Mais je préfere une couleur dramatique pour une soprano même aigue qu´une couleur légere. En réalité , le rôle de la Reine de la nuit serait idéal pour voix de soprano aigu de couleur dramatique avec aptitude á la colorature.
Lucia de Lammermor appelle également un soprano plutôt aigu mais de couleur dramatique, je trouve que ce n´est pas crédible chanté par une soprano de couleur légere , même si elle a un contre mi bémol époustouflant.

17. Le lundi 22 août 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Sandrine,

Si vous ressentez l'ut 3 et le ré 3 comme des notes médianes, soit vous n'émettez pas vraiment en mode lyrique, soit vous êtes diablement grave (tirant sur l'alto en effet !), parce qu'il s'agit tout de même du plancher, même pour les mezzos graves, dans les rôles opératiques traditionnels... Mais effectivement, si vous n'avez que le la 4, comme vous le disiez : ça limite aux rôles de mezzos très centraux, maximum. Il y a de quoi s'amuser dans le lied, déjà - les Mignon de Schumann et Wolf !

Quand vous dites que la voix de soprano aigu (lyrique léger, c'est cela ?) s'épanouit à partir de l'ut 4, oui, c'est vrai... pour le répertoire du XIXe siècle. En revanche pour le répertoire d'avant 1750, les sopranos légers parviennent parfaitement à émettre des médiums charnus (dans la limite de leur identité vocale bien sûr) sous cette frontière.

La Reine de la Nuit a bel et bien été chantée par des voix de grands lyriques (Sutherland, ou versant plus léger Sills) ou de dramatiques (Deutekom, Moser...).

Pour Lucia et les rôles belcantistes en général, c'est en effet écrit pour de vrais lyriques et pas pour des lyriques légers, mais par goût, je trouve que ces derniers ont une incisivité de trait et une clarté d'élocution qui fait souvent défauts aux grandes machines, obligées d'uniformiser le timbre et les voyelles pour tenir la ligne.
Je ne dis pas que je vénère Lily Pons ou Mado Robin dans Lucia, mais je me sens plus proche d'Andrea Rost que de Joan Sutherland, même si la première est assez légère.

Sinon, il existe un certain nombre d'assez bons compromis qui allient clarté, rondeur et densité, comme Patrizia Ciofi (trop opaque pour moi cependant, timbre comme diction) ou Olga Peretyatko.

18. Le mardi 23 août 2011 à , par Sandrine

Bonjour David, quand je parlais d´émission du do3 et ré3 comme notes médianes, je parlais de mode lyrique car je chante tres peu de variétés, j´en écoute également peu. Effectivement, j´ai toujours eu des graves faciles . Pour attraper un mi4 qui n´est pourtant pas si aigu que cela, j´ai besoin de pas mal de travail.
Je me demande si l´air de Mignon ( Connais tu le pays) sera , pour peu que je m´y applique, dans mes cordes. Qu´en pensez vous ?

Soprano aigu, pour moi, n´a pas de lien avec la couleur légere, lyrique, etc.... Je concois un soprano aigu comme ayant des facilités dans le haut de sa tessiture
mais dont la couleur peut tout aussi bien être légere que dramatique.
Pour prendre un exemple de comment je concois les choses, une soprano grave peut tout aussi bien monter aussi haut mais sera plus á l´aise dans le bas et aura besoin de plus travailler, " forcer" ses aigus alors que pour une soprano aigue, ce sera le contraire.
Apres il est vrai que les sopranos aigus ont plus de notes dites " contres" mais ce n´est pas automatique.
Pour ce qui est de la couleur, je pense qu´il est tout á fait possible d´être soprano grave et léger comme on peut être soprano aigu et dramatique.
Je crois que l´on a tendance á confondre tessiture et couleur de voix, ce qui n´est pas pareil. Vous me suivez sans doute ?

Effectivement, en voix de tête, je m´arrête au la4 .... en exercices , ce qui ne veut pas dire que je saurai l´exploiter , tenir la note, faire un diminuendo, etc....
Mais je pense qu´avec un la4 convenable en étendue totale, je pourrai exploiter un fa4. Or, si je ne me trompe pas, c´est souvent exigé en registre de contralto même si peu d´airs le contiennent. Il y est dans Che faro senza Euridice qui est un chouia trop aigu pour moi. Toutefois, Orfeo de Gluck tire quand même plus sur le mezzo central que sur l´alto. Ca ne monte pas tres haut mais ca ne descend pas tres bas non plus ( si2). Je n´irai pas prétendre qu´une soprano grave peut le chanter mais une mezzo de type Von Otter ou Kasarova, oui. Du reste, elles l´on fait.

La reine de la nuit: j´avoue ne pas être tres fan des voix de femmes suraigues, je ressens plus d´affinités pour les voix de mezzo grave et de contralto mais
l´air avec ses contre-fa est sans doute l´un des plus célebres pour soprano aigu colorature. L´un des rôles clefs de Natalie Dessay á ses débuts.

19. Le mardi 23 août 2011 à , par Sandrine

Recoucou, pour ce qui est Una voce poco fa , je confirme qu´au départ, Rossini l´avait bien écrit pour voix de mezzo et non pour voix de soprano.
Ce n´est que vers 1830 avec l´engouement des voix plus hautes que sont arrivées des versions plus hautes, plus édulcorés mais bien évidemment, il n´aurait pas pu écrire un contre-mi pour une voix de mezzo vu que déjá , beaucoup de vrais sopranos ne l´ont pas, même en étendue.

Je viens d´entendre le fa5 de Callas et effectivement, ce devait vraiment être le bout du bout de sa voix de tête. Je n´ose pas imaginer ce qu´aurait donné une prestation d´elle en Reine de la nuit. On entend qu´elle ne pouvait pas tenir la note. Mais déjá , c´était un exploit de sa part de le faire sur scene. Toutefois,
je la trouve plus crédible dans des rôles de soprano grave, voire de mezzo oú lá , il n´y a pas de " cris".

A l´inverse, je me souviens avoir assisté á un cours de chant oú une soprano de type aigu avait absolument voulu travailler Suicidio de Gioconda: j´avais mal pour elle pour son " fra le tenebre". Moi qui étais dans la même piece , je l´entendais á peine et sa prof lui avait bien dit que pour une soprano aigue, c´était une folie de vouloir chanter Gioconda. Ce n´est pas parce qu´on aime un air que l´on a la voix pour le chanter.
A titre d´exemple , je ne crois pas que Natalie Dessay, même toute originale qu´elle soit, commettrait l´imprudence de tenter un coup comme celui-lá.
Sans aller jusqu´á Gioconda, je ne pense même pas qu´elle serait crédible en Tosca.

20. Le mardi 23 août 2011 à , par Sandrine

La luce Langue, j´ai enfin trouvé l´air entier ET avec les notes pour suivre: la note la plus grave est un si2, la plus haute est un si4: ca demande donc bien une voix de soprano grave ou de mezzo de type Verrett. Maintenant, est-ce qu´une mezzo grave tres courageuse et ayant le si4 pourrait le tenter ?
Je répondrai que non .... en théorie mais ce ne serait peut-être pas humainement impossible. Il y a des phénomenes vocaux et des gens qui aiment oser le dépassement de soi.
Du reste, sans aller jusqu´á parler de mezzos graves, de vrais mezzos ont chanté La Luce langue: Dolora Zacijk, donc ma supposition n´était pas si irréaliste.
En revanche, impossible pour une alto á cause du si4 et de la force qu´il faut dans les aigus.

21. Le mardi 23 août 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Sandrine,

Tessitures et couleurs

Ce que je voulais dire était que pour une voix placée, il est étrange d'avoir ces notes-là comme centrales. Mais vous voulez peut-être parler du premier passage ? Parce que même pour un alto, le centre de la tessiture est plus haut !

Pour attraper un mi4 qui n´est pourtant pas si aigu que cela, j´ai besoin de pas mal de travail.
Je me demande si l´air de Mignon ( Connais tu le pays) sera , pour peu que je m´y applique, dans mes cordes. Qu´en pensez vous ?

Impossible à dire sans vous avoir entendue, mais en principe, vu ce que vous avez dit, oui, ça correspond et c'est sans danger.

Pour ce qui est de la couleur, je pense qu´il est tout á fait possible d´être soprano grave et léger comme on peut être soprano aigu et dramatique.
Je crois que l´on a tendance á confondre tessiture et couleur de voix, ce qui n´est pas pareil. Vous me suivez sans doute ?

Je vous suis, effectivement il y a un mimétisme parfois dommageable (beaucoup de mezzos "enflent" leur son), mais ça tient aussi tout simplement à la nécessité de passer le "mur de son" de l'orchestre, parce qu'une voix aiguë (de femme) n'a pas besoin d'autant harmoniques qu'une voix centrale pour y parvenir.

Mais c'est encore plus compliqué que ce que vous dites, parce que les sopranos baroques dont je parlais ont la plupart du temps des facilités dans l'aigu. Voir Karina Gauvin qui chante essentiellement du baroque (donc guère au-dessus du sol 4), et qui lorsqu'elle aborde le répertoire romantique, va plutôt vers Leïla, un vrai lyrique (avec ut 5 parfaitement négocié). Généralement, la légèreté va avec l'extension aiguë. Mais effectivement, une voix légère peut sombre et une voix dramatique claire, cela dit physiologiquement, on trouve vite ses limites avec ces classifications (on peut voir par exemple les cas de Valérie Millot et Hélène Bernardy, deux artistes au timbre clair que j'admire au plus haut degré, mais qui surcotent un tout petit peu leur poids vocal dans leur CV, surtout la première).

Mais je pense qu´avec un la4 convenable en étendue totale, je pourrai exploiter un fa4. Or, si je ne me trompe pas, c´est souvent exigé en registre de contralto même si peu d´airs le contiennent. Il y est dans Che faro senza Euridice qui est un chouia trop aigu pour moi. Toutefois, Orfeo de Gluck tire quand même plus sur le mezzo central que sur l´alto. Ca ne monte pas tres haut mais ca ne descend pas tres bas non plus ( si2). Je n´irai pas prétendre qu´une soprano grave peut le chanter mais une mezzo de type Von Otter ou Kasarova, oui. Du reste, elles l´on fait.

Oui, c'est un rôle de mezzo, chanté par les contraltos parce qu'il est central. Effectivement, si même Orphée est trop haut, il est plus sage, au moins pour l'heure, d'en rester au répertoire d'alto.
L'idéal est de chanter de la mélodie et du lied et de choisir ses hauteurs (ou alors, si vous le pouvez, de récrire les partitions dans la tonalité de votre choix). Ca aide bien à progresser !

l´air avec ses contre-fa est sans doute l´un des plus célebres pour soprano aigu colorature.

C'est même sans doute l'air d'opéra le plus connu du répertoire, assez nettement devant Nessun dorma et L'Amour est un oiseau rebelle...
Il faut dire qu'il est particulièrement spectaculaire, jubilatoire et dramatique.

--

Oui, la VO pour mezzo, c'est certain. C'est sur la source de la version pour soprano que je m'interroge. Je suis dubitatif sur l'attribution à Rossini, mais je n'ai pas vérifié. Ca doit se trouver assez facilement, du reste.

En effet, les contre-notes de Callas sont particulièrement atroces, il n'y a que Varnay qui aurait pu la battre en laideur dans la Reine de la Nuit. :) C'est tout blanc, avec un gros vibrato (grande amplitude de la note), et poussé au maximum. Ca s'apparente bien plus au cri, même si on peut lui attribuer une hauteur.

Pour Gioconda, il y a deux solutions :
=> soit la profe dit non parce que ça ne correspond pas à la voix (ce qui est sans doute le plus raisonnable, surotut sur des rôles aussi meurtriers) ;
=> soit elle essaie de faire chanter tout de même le rôle avec la propre voix de la chanteuse. Ce sont des expériences sympas aussi le hors-piste. En tout cas, j'ai l'impression que cela m'a beaucoup enseigné en ce qui me concerne (aussi bien le confort du trop grave que la tonicité du trop aigu)... Et puis si les amateurs ne peuvent plus s'amuser, à quoi bon...

Lady Macbeth est en principe écrit pour mezzo, avec un aigu arrogant effectivement, donc accessible aux sopranos dramatiques. On trouve vraiment toute la gamme, depuis Elisabeth Höngen, vrai mezzo central (voire grave, en tout cas spécialiste des rôles proches de l'alto), jusqu'à Martina Arroyo, un soprano grand lyrique...

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David Le Marrec

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