Carnets sur sol

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samedi 13 février 2010

Mystère bouffe de Dario Fo à la Comédie-Française (salle Richelieu)


Une suite de miniatures, en deux soirées. Calqué sur l'esthétique du mystère médiéval, beaucoup d'irrévérence envers les Evangiles (certains spectateurs en avaient le souffle coupé à la fin, on les comprend), sur un mode très burlesque, et souvent lourdement scatologique (une saynète entière est fondée sur le pouvoir intrinsèque du plus fameux mot de cinq lettres). Les acteurs soutiennent admirablement les jeux de mime, les changements de voix, les chants (jusqu'à une belle maîtrise du belting !), créant des espaces en quelques gestes, montrant sans aucun accessoire des actions subies sur leur corps comme si des objets les contraignaient, etc.

Ce n'est pas fin, et cela invite au rire plus sur le mode du sketch des bateleurs standing up, où l'on rit parce que l'on est venu rire, que par ses traits d'esprits insondables. La restitution, cela dit, est réussie et le public rit.

Entre chaque saynète (un seul comédien, en habit noir sur fond blanc et plateau totalement nu), l'arrière-scène s'éclaire sous forme de 'tableau vivant' solennel représentant une crucifixion très picturale, et à chaque fois traversé par un élément grotesque. Même si la pauvreté en est probablement délibérée, les accompagnements au synthétiseur de ces parties sonnent tout de même un peu cheap.


Le résultat final doit beaucoup à la maîtrise totale des acteurs, qui valorisent par leur jeu, leur virtuosité et leur implication absolues des textes pas particulièrement saillants.

C'est donc dans l'ensemble un dépaysement divertissant, qui donne quand à réfléchir sur la façon de recevoir l'enseignement religieux, jusque dans la dérision, au Moyen-Age. Les moments dramatiques sont moins réussis (la mère folle de l'Innocent), et je suis très peu enthousiaste sur les tentatives de parabole politique, en particulier sur la fin qui fait de l'acteur-jongleur le fer de lance de la lutte contre les patrons (le mot est utilisé pour désigner le propriétaire terrien), qu'il faut pendre avec les tripes des curés, à cause de leurs injustices, le tout dans une ambiance verbale un peu lourdaudement typée Grand Soir, mais pour le coup avec un esprit de sérieux, une volonté de message qui contraste avec tout ce qui a été foulé aux pieds jusque là. C'est justement ce qui me déplaît dans ces séquences-là, pas tant qu'il y ait un message que le fait qu'il soit traité avec sérieux alors que tout le reste a été moqué : si on a moqué Dieu en pensant que ça n'avait aucune importance mais que les vraies choses, les engagements de Raison et de Progrès, ne doivent pas être tournés en dérision, alors on a perdu l'esprit du mystère burlesque, précisément.

Suite de la notule.

Atys, un exemple d'improvisation-culte


Les quelques notes d'archiluth qui précèdent l'air de Sangaride au premier acte d'Atys (1676) dans la seule version disponible (Christie, baroud d'honneur pour sauver la compagnie des Arts Florissants en 1987, qui s'avéra victorieux à deux doigts d'une banqueroute certaine), sont restés dans l'imaginaire collectif de tous les amateurs de tragédie lyrique comme un moment de rare grâce, manifeste du génie de Lully.



Assez curieux de lire cela, et doutant fortement qu'on pût à cette époque noter précisément une ligne de luth solo, même épisodiquement, je désirais depuis longtemps vérifier sur la partition. Ce que je fis, grâce à une bibliothèque universitaire qui m'a galamment mis entre les mains la seconde édition (1708) de l'oeuvre, par Henri de Baussen, celle qui succède à l'originale par Christophe Ballard en 1689, et autrement plus confortable à la lecture :

Suite de la notule.

Bellérophon de LULLY confirmé - (et Journées Campra du CMBV)


Ce ne sera pas Vincent Dumestre (ni moi qui en rêvais et avais commencé à potasser la partition...), mais Christophe Rousset qui recréera la dernière tragédie lyrique de Lully à rester inédite.

On dispose d'ores et déjà de la distribution pour ce vendredi 17 décembre prochain, que voici ci-dessous.

Les Journées Campra, en revanche, seront un peu décevantes, puisque mis à part les nombreux concerts d'extraits très alléchants, on n'aura que l'opéra-ballet Le Carnaval de Venise en intégralité, en version de concert bien sûr, et rien de son fonds riche et passionnant en tragédie (alors que les deux publiées au disque, Tancrède et Idoménée, sont de moins en moins disponibles et qu'Hervé Niquet avait projeté une Iphigénie en Tauride coproduite avec Desmarest pour le Festival de Montpellier, finalement remplacée par... Don Giovanni).

Suite de la notule.

La figure du blasé


Après quelques mois de pratique de la vie culturelle parisienne, je crois voir la lumière sur la figure fameuse du blasé, qui va assister à une centaine de spectacles par an et les trouve toujours mauvais.

Outre le mauvais caractère évident d'un certain nombre d'entre eux, j'y vois plusieurs mécanismes de défense psychologiques face à la frustration :

Suite de la notule.

la honte

Voici comment on tombe dans un lieu de perdition comme CSS :

http://www.google.fr/search?hl=fr&source=hp&q=joue+xxx+&meta=&aq=f&oq=

Pour aboutir à :

http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2009/03/24/1181-le-disque-du-jour-xxx-simone-boccanegra-par-santini

Oui, il y a de quoi en perdre ses moyens.

La dernière fois, j'étais en colère (mots-clefs 'Florent Pagny opérette YouTube' d'un seul coup !), cette fois-ci, j'ai franchement honte.

Promis, j'arrête les chiffres romains demain.

David Le Marrec


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