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Lieder de Max REGER - recommandations discographiques (oeuvres et disques)

En appoint de la notule sur Max Reger, voici quelques-uns des rares disques à céder une place significative à ces lieder. Dans des interprétations de qualité, peu chères et disponibles, si possible...

Un petit tour aussi auprès d'oeuvres vocales rares.


=> Il faut absolument connaître les 5 duos Op.14. Textes superbes, mise en musique merveilleuse, avec ses entrées décalées. Très bien interprété dans le disque de Regina Klepper et Martina Borst, avec Helmut Deutsch, paru chez Capriccio. Il faudrait s'y étendre plus amplement, mais ce Nachts initial, sur le poème d'Eichendorff, est une merveille absolue.
Couplé avec du Mendelssohn et du Schumann.

Il existe un disque tout entier Reger comprenant ces mêmes duos par Barabara Schlick et Kai Wessel, mais la mezzo-soprane sonne assez engorgée, avec de petites affectations, sans le naturel feutré de Martina Borst. Regina Klepper, bien mieux entourée, ne réédite pas les difficultés de son disque Wagner. De surcroît, on n'entend pas si souvent les duos de Mendelssohn et Schumann, aussi, plutôt que des lieder de Reger que nous rencontrerons ailleurs pour une misère et mieux interprétés...




=> Divers lieder par Frauke May (mezzo-soprane) et Bernhard Renzikowski (piano) chez Arte Nova (3€ chez les revendeurs en ligne). Belle interprétation d'une mezzo au timbre légèrement mat et voilé, assez beau, et attentive.
Parfait pour découvrir un bouquet de lieder de Reger.
A savoir, chez Arte Nova, comme d'habitude, la réédition de 2006 (avec photos adorables, généralement) est deux fois et demi moins chère que la parution de 2000 (avec le portrait du compositeur), comme, souvenez-vous, pour Schreker.
, et anciennement :
Il existe aussi le disque CPO avec Iris Vermillion chez CPO. Peter Stamm montre, il est vrai, plus de relief que Bernhard Renzikowski, sans que la différence soit abyssale. Iris Vermillion est bien sûr une très bonne styliste et diseuse, mais sa voix ample sonne mieux à l'opéra. Dans le lied (il en va de même pour ses deux disques Alma Schindler-Mahler), le résultat est assez massif, et surtout peu chaleureux.
Dans l'ensemble cependant, l'attitude interprétative est assez comparable à Frauke May, mais avec un timbre plus abîmé. Et le disque est un peu plus cher que la réédition Arte Nova. J'avoue à nouveau ici ma préférence pour le tissu un peu voilé de May, peut-être moins solide techniquement, mais d'un ton plus humble et pénétrant.




Avec ces deux disques, on obtient déjà un petit corpus bien satisfaisant.




=> On peut y ajouter les oeuvres pour piano et choeur, avec le Kammerchor Stuttgart (chez Ami), notamment les trois choeurs Op.6, d'un aspect assez semblable aux duos, et d'un dépouillement qui les approche avantageusement de Schubert et Liszt.




=> Et également[1] ces chants sacrés, pour orgue et voix, très surprenants. L'orgue y tient une large part, et le jeu de couleur sur les registres, l'entrelacement entre l'orgue, la voix, la réverbération y sont très finement pensés. L'atmosphère en est en règle générale plus morne, plus proche de l'oeuvre pour orgue de Reger que de l'univers du lied, mais ce traitement original mérite véritablement le détour.

Disque Thorofon avec notamment Sabine Szameit et Rolf Schönstedt.

Notes

[1] En miroir : cette fois-ci, l'accompagnement enveloppe le chanteur et non l'inverse comme dans le cas du dispositif piano/choeur.


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Commentaires

1. Le vendredi 1 juin 2007 à , par Morloch

Merci de donner autant envie d'écouter l'oeuvre de Max Reger, un compositeur que je ne connaissais que de nom.

Une fois de plus, je ne comprends pas le conformisme des organisateurs de concerts, on ne me fera pas croire que ces oeuvres ne seraient pas du goût du public s'il les entendait plus souvent.

2. Le samedi 2 juin 2007 à , par Didier Goux :: site

Je ne sais pas trop où déposer ma question, donc je le fais ici. Ayant décidé de réviser (ou d'essayer de) mes préventions contre Bruckner (ou Brückner ? J'ai un doute, là, tout soudain...), je me suis commandé sa septième symphonie : choix judicieux ou totalement stupide, d'après vous, cher puits de science, vénéré luminaire céleste ?

3. Le dimanche 3 juin 2007 à , par DavidLeMarrec

@ Morloch :

Max Reger est en réalité surtout connu pour sa musique symphonique, bien qu’assez peu jouée elle aussi, ce qui explique que son nom circule plus que ses oeuvres. On trouve très peu de disques de lieder, qui tiennent vraiment de la niche.
Pourtant, il s’agit d’un de mes corpus de lieder favoris, avec ceux de Schubert et d’Alma Schindler-Mahler. Et quand on me prend par les sentiments comme avec le premier duo de l’opus 14, sur un Eichendorff, je rends les armes.

Le problème est aussi que le public désire, pour la plupart (celui qui ne va pas au concert tous les soirs), entendre ce qu’il connaît déjà. Et c’est bien compréhensible, ça réclame un effort supplémentaire, à moins de baigner dedans.
Quant à faire de la programmation audacieuse, oui, mais on ne remplit pas. Jeudi soir, j’étais au concert d’un ensemble baroque semi-professionnel. Il y avait, sans exagérer, autant de monde sur scène que dans la salle (trente auditeurs, organisateurs compris, pour vingt exécutants). Au programme : motets de Buxtehude, Rameau, Charpentier. Avec une Cinquième de Beethoven, on fait toujours plus. Ici, c’était manifestement un ensemble qui se faisait plaisir (instrumentistes professionnels et chanteurs amateurs), mais lorsqu’on doit équilibrer un budget de théâtre, on y réfléchit à deux fois. Les concerts de lied et de quatuor, même avec un Winterreise ou la Jeune Fille et la Mort, ne remplissent jamais plus qu’au tiers notre petit Grand-Théâtre bordelais.

Mais remplir n'est pas commo-o-ode...

Et même les lecteurs de CSS en semblent effrayés (pourtant, ils ont vu pire avec les Schubert/Métastase ou la présentation de poèmes de Hölderlin). Je l'ai laissée mijoter la semaine, pour donner le temps d'être lue, mais la notule sur le Reger ne semble pas avoir tenté grand monde. Tant pis pour eux, parce que ce corpus vaut bien mieux que sa musique symphonique bien faite, mais plus confortable et banale.

4. Le dimanche 3 juin 2007 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Didier !

Je ne sais pas trop où déposer ma question, donc je le fais ici. Ayant décidé de réviser (ou d'essayer de) mes préventions contre Bruckner (ou Brückner ? J'ai un doute, là, tout soudain...), je me suis commandé sa septième symphonie : choix judicieux ou totalement stupide, d'après vous, cher puits de science, vénéré luminaire céleste ?

Doucement, doucement, point trop n’en faut, conservez donc quelques cartouches pour chatouiller mon ego au cas où. :-))

Je ne suis peut-être pas la personne la plus indiquée pour de bons conseils sur Bruckner : j’ai tendance à penser que son métier d’orchestrateur est très médiocre, et que cela nuit considérablement au résultat final dans ses symphonies. Aussi, dans l’attente de réorchestrations un peu plus inventives, je suis bien plus sensible à sa musique religieuse, et me limite souvent aux mouvements lents de ses symphonies.

La Septième n’est pas la plus fêtée, mais cela ne veut rien dire, la Sixième non plus, et c’est pourtant l’une de ses plus poétiques. Sinon, deux parmi les plus célèbres, Quatrième « Romantische » et Troisième « Wagner » peuvent paraître plus familières.

Cela dit, le ton est sensiblement le même dans les différentes symphonies, et je ne fais là que lister celles qui m’ont le plus séduit, sans doute.

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